Quidam

Genre
Roman
Année de parution
2006
ISBN
2-88241-173-1
Nb. de pages
190

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Revue de presse
1

«Toujours le même gosse rebelle»
Troisième roman de Thierry Luterbacher, Quidam sort de presse pile poil pour le Salon du livre de Genève. Un récit aux parfums délicieusement coupables de l’enfance heureuse.
Le quidam Luterbacher est bien connu du public biennois. Journaliste, artiste-peintre, réalisateur de films, dramaturge et metteur en scène, celui qui voulait faire métier de «ne rien faire» est sur tous les fronts. Touche-à-tout talentueux, il revient cependant toujours à l’écriture, signant trois romans: Un cerisier dans l’escalier, (2001) salué par de nombreuses distinctions, Le Splendide Hasard des pauvres (2004) et ce troisième récit, Quidam .
Thierry Luterbacher ne s’est jamais consolé du paradis perdu de l’enfance, de son tigre en peluche et des lapins de Pâques cachés dans le grand jardin de la Maison Soleil de Péry-Reuchenette. C’était avant l’école-prison et les années rebelles. C’est l’histoire de ce Pierrot lunaire que raconte Quidam . Un Pierrot flingueur aussi, qui tire sur tous les empêcheurs de rêver en rond. D’une écriture aérienne, dépouillée des fanfreluches baroques qui pointaient encore ici et là dans ses précédents livres, Thierry Luterbacher entraîne ses lecteurs sur une planète étrangement familière, quelque part entre les réminiscences d’un monde enchanteur et l’école de la vraie vie. Le narrateur, Calvin, a pour camarades de rêve une jeune métisse, Nuage, son alter ego Pierrot le tueur (clin d’œil aux Enfants du paradis , film cultissime) et un âne nommé Personne. Réfractaire au carcan scolaire, le mouflet entraînera tout son petit monde dans une fugue sans retour… Luterbacher nous livre un récit porté par la grâce de l’enfance retrouvée.
— Ce bébé heureux, «né sans pleurer», c’est vous?
— Oui, ma mère m’a souvent raconté l’anecdote. Le médecin m’a fessé pour que je pleure, ce qui a profondément choqué notre bonne d’origine italienne, Marietta, qui figure d’ailleurs dans le livre. C’est mon enfance de petit prince que je raconte dans la maison jaune de Péry-Reuchenette, avec un grand jardin bruissant de personnages imaginaires, un verger, un grenier recelant des objets mystérieux auxquels j’inventais des destinées fabuleuses. Et, tout d’un coup, on vous arrache à ce monde enchanteur pour l’univers carcéral de l’école où le rêve et la liberté n’ont plus de place. J’étais rebelle et je le suis resté…
— … c’est une rébellion de luxe, celle d’un enfant né coiffé?
— Une enfance heureuse est effectivement un immense privilège. C’est pourquoi l’autre facette de l’enfance, l’enfance volée, apparaît aussi dans mon récit, incarnée par le jeune Pierrot. Lui veut faire plus tard «tueur de défectueux». Pierrot offre la subversion comme rempart à l’enfance pure et innocente de Calvin.
— Et aujourd’hui… à 56 ans?
— Je crois que je suis resté ce gosse qui voulait «ne rien faire», anar dans l’âme. À l’école, tous les profs me prédisaient un avenir de bon à rien. Ensuite j’ai eu ma période hippy contestataire, j’ai fait beaucoup de voyages, de petits boulots, de la peinture aussi. J’ai écrit, j’ai travaillé pour le cinéma, le théâtre… rien de sérieux aux yeux de la société. Aujourd’hui, je suis très actif. Mais jamais je n’ai l’impression de travailler. J’ai le privilège de faire les choses que j’aime.
— Vous citez Bob Dylan en préambule à votre récit… Vous n’avez rien de plus neuf?
— Durant sa vie entière, Bob Dylan a répété: «Je ne veux être suivi par personne». Il a refusé tous les carcans: politiques, religieux et autres. Il a déçu toutes les écoles, tous les courants, tous les ayatollahs. C’est ce chant de liberté que j’entends dans ma tête depuis l’adolescence…

«Toujours le même gosse rebelle»
Troisième roman de Thierry Luterbacher, Quidam sort de presse pile poil pour le Salon du livre de Genève. Un récit aux parfums délicieusement coupables de l’enfance heureuse.
Le quidam Luterbacher est bien connu du public biennois. Journaliste, artiste-peintre, réalisateur de films, dramaturge et metteur en scène, celui qui voulait faire métier de «ne rien faire» est sur tous les fronts. Touche-à-tout talentueux, il revient cependant toujours à l’écriture, signant trois romans: Un cerisier dans l’escalier, (2001) salué par de nombreuses distinctions, Le Splendide Hasard des pauvres (2004) et ce troisième récit, Quidam .
Thierry Luterbacher ne s’est jamais consolé du paradis perdu de l’enfance, de son tigre en peluche et des lapins de Pâques cachés dans le grand jardin de la Maison Soleil de Péry-Reuchenette. C’était avant l’école-prison et les années rebelles. C’est l’histoire de ce Pierrot lunaire que raconte Quidam . Un Pierrot flingueur aussi, qui tire sur tous les empêcheurs de rêver en rond. D’une écriture aérienne, dépouillée des fanfreluches baroques qui pointaient encore ici et là dans ses précédents livres, Thierry Luterbacher entraîne ses lecteurs sur une planète étrangement familière, quelque part entre les réminiscences d’un monde enchanteur et l’école de la vraie vie. Le narrateur, Calvin, a pour camarades de rêve une jeune métisse, Nuage, son alter ego Pierrot le tueur (clin d’œil aux Enfants du paradis , film cultissime) et un âne nommé Personne. Réfractaire au carcan scolaire, le mouflet entraînera tout son petit monde dans une fugue sans retour… Luterbacher nous livre un récit porté par la grâce de l’enfance retrouvée.
— Ce bébé heureux, «né sans pleurer», c’est vous?
— Oui, ma mère m’a souvent raconté l’anecdote. Le médecin m’a fessé pour que je pleure, ce qui a profondément choqué notre bonne d’origine italienne, Marietta, qui figure d’ailleurs dans le livre. C’est mon enfance de petit prince que je raconte dans la maison jaune de Péry-Reuchenette, avec un grand jardin bruissant de personnages imaginaires, un verger, un grenier recelant des objets mystérieux auxquels j’inventais des destinées fabuleuses. Et, tout d’un coup, on vous arrache à ce monde enchanteur pour l’univers carcéral de l’école où le rêve et la liberté n’ont plus de place. J’étais rebelle et je le suis resté…
— … c’est une rébellion de luxe, celle d’un enfant né coiffé?
— Une enfance heureuse est effectivement un immense privilège. C’est pourquoi l’autre facette de l’enfance, l’enfance volée, apparaît aussi dans mon récit, incarnée par le jeune Pierrot. Lui veut faire plus tard «tueur de défectueux». Pierrot offre la subversion comme rempart à l’enfance pure et innocente de Calvin.
— Et aujourd’hui… à 56 ans?
— Je crois que je suis resté ce gosse qui voulait «ne rien faire», anar dans l’âme. À l’école, tous les profs me prédisaient un avenir de bon à rien. Ensuite j’ai eu ma période hippy contestataire, j’ai fait beaucoup de voyages, de petits boulots, de la peinture aussi. J’ai écrit, j’ai travaillé pour le cinéma, le théâtre… rien de sérieux aux yeux de la société. Aujourd’hui, je suis très actif. Mais jamais je n’ai l’impression de travailler. J’ai le privilège de faire les choses que j’aime.
— Vous citez Bob Dylan en préambule à votre récit… Vous n’avez rien de plus neuf?
— Durant sa vie entière, Bob Dylan a répété: «Je ne veux être suivi par personne». Il a refusé tous les carcans: politiques, religieux et autres. Il a déçu toutes les écoles, tous les courants, tous les ayatollahs. C’est ce chant de liberté que j’entends dans ma tête depuis l’adolescence…

Catherine Favre
Journal du Jura