Des dessins de fou! pensent les enfants des peintures qu’esquisse et peaufine inlassablement leur mère. Des dessins qui contiennent tous ses silences et cette part d’ombre qui échappe à ses enfants.
Eux retrouvent en Nora la mère seulement, «une voix, des gestes, une odeur trop longtemps confondus avec le plaisir des repas, la chaleur du lit, le sommeil, la maison, comme elle un lieu où s’abriter pour grandir».
Quelle femme est-elle? Qui était-elle avant la naissance des enfants? Quelle adolescente, quelle amoureuse? Quels étaient ses désirs, quels ont été ses fêlures, ses révoltes, ses renoncements? Elle peint, mais personne n’a jamais prêté attention à ses grandes feuilles blanches, si ce n’est les enfants pour y gribouiller, dès qu’ils ont pu tenir debout sur leurs jambes.
Dans l’espace dilaté par le silence de sa maison encoconnée par la neige qui tombe inlassablement, Nora dialogue avec une morte, rassemble sa vie autour d’elle, se réconcilie avec ses sentiments, cherche un sommeil libérateur. Ce chemin intime à travers angoisses, déceptions, silences, bonheurs, désirs refoulés, le compte de cette mise à nu, nous est conté par la Neuchâteloise Sylviane Chatelain dans son premier roman La Part d’ombre, en demi-teinte et en accords mineurs, feutrés par la neige qui tombe sur le village de Nora pendant les longs hivers jurassiens.
Petit à petit, le puzzle de cette vie intérieure nous est révélé, par touches énigmatiques, dont la cohérence s’ordonne peu à peu et implose. Nora part dans la neige qui recouvre ses pas, sur les traces de cette jeune femme morte d’avoir glissé ou de s’être jetée au bas de la carrière, personne ne le saura jamais.
La Part d’ombre
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Revue de presse2
Des dessins de fou! pensent les enfants des peintures qu’esquisse et peaufine inlassablement leur mère. Des dessins qui contiennent tous ses silences et cette part d’ombre qui échappe à ses enfants.
Eux retrouvent en Nora la mère seulement, «une voix, des gestes, une odeur trop longtemps confondus avec le plaisir des repas, la chaleur du lit, le sommeil, la maison, comme elle un lieu où s’abriter pour grandir».
Quelle femme est-elle? Qui était-elle avant la naissance des enfants? Quelle adolescente, quelle amoureuse? Quels étaient ses désirs, quels ont été ses fêlures, ses révoltes, ses renoncements? Elle peint, mais personne n’a jamais prêté attention à ses grandes feuilles blanches, si ce n’est les enfants pour y gribouiller, dès qu’ils ont pu tenir debout sur leurs jambes.
Dans l’espace dilaté par le silence de sa maison encoconnée par la neige qui tombe inlassablement, Nora dialogue avec une morte, rassemble sa vie autour d’elle, se réconcilie avec ses sentiments, cherche un sommeil libérateur. Ce chemin intime à travers angoisses, déceptions, silences, bonheurs, désirs refoulés, le compte de cette mise à nu, nous est conté par la Neuchâteloise Sylviane Chatelain dans son premier roman La Part d’ombre, en demi-teinte et en accords mineurs, feutrés par la neige qui tombe sur le village de Nora pendant les longs hivers jurassiens.
Petit à petit, le puzzle de cette vie intérieure nous est révélé, par touches énigmatiques, dont la cohérence s’ordonne peu à peu et implose. Nora part dans la neige qui recouvre ses pas, sur les traces de cette jeune femme morte d’avoir glissé ou de s’être jetée au bas de la carrière, personne ne le saura jamais.
Cette ombre est très blanche, blanche comme le néant, comme la solitude et comme cette neige qui d’un bout à l’autre du livre accompagne Nora. Il a fallu à la fin de sa vie qu’elle se remette en question, perdue qu’elle était d’avoir occulté sa nature profonde pour ses devoirs d’épouse et de mère.
Enfermée dans les méandres de la dépression, elle mélange rêve et réalité. Ses longues conversations avec Maud, cette femme qu’elle a découverte morte, peut-être suicidée, peut-être assassinée, dans la forêt lui aideront à retrouver sa voie, contre l’envahissante intrusion de ses filles. Elle se remet à dessiner «Ces dessins sont beaux, mais ce sont des dessins de fous».
Cette ombre est très blanche, blanche comme le néant, comme la solitude et comme cette neige qui d’un bout à l’autre du livre accompagne Nora. Il a fallu à la fin de sa vie qu’elle se remette en question, perdue qu’elle était d’avoir occulté sa nature profonde pour ses devoirs d’épouse et de mère.
Enfermée dans les méandres de la dépression, elle mélange rêve et réalité. Ses longues conversations avec Maud, cette femme qu’elle a découverte morte, peut-être suicidée, peut-être assassinée, dans la forêt lui aideront à retrouver sa voie, contre l’envahissante intrusion de ses filles. Elle se remet à dessiner «Ces dessins sont beaux, mais ce sont des dessins de fous».