Un roman qui se lit dans un souffle
L’écrivaine Charlotte Monnier, d’Arnex-sur-Orbe, publie un nouvel ouvrage, fort et dense et au long titre évocateur.
Essayez, si vous le pouvez, d’arrêter un homme qui voyage avec son suicide à la boutonnière. Tel est le titre du dernier livre de Charlotte Monnier. Un titre dont il convient de prendre une grande inspiration avant de l’énoncer afin de ne pas s’achopper sur un mot ou d’en occulter un autre, tant ils sont essentiels.
C’est aux éditions Bernard Campiche, qui proposent d’ailleurs un trio de de publications en ce début de printemps 2026, que le dernier ouvrage de Charlotte Monnier a été publié. Pour un lecteur du Nord vaudois, deux choses peuvent potentiellement diriger son choix au moment de trancher entre ces trois propositions. Il y a d’abord l’origine de Charlotte Monnier, native d’Arnex-sur-Orbe, mais aussi le titre qui orne son livre à la couverture couleur miel liquide. Un titre qui interpelle.
Amour féroce
Ce roman se lit dans un souffle. Même si les dés sont jetés et que l’on subodore la fin, le lecteur ne peut tout simplement pas refermer le livre. Cent douze pages d’une histoire qui raconte les derniers mois d’un homme brillant, un surdoué qui s’est brûlé les ailes. Parce qu’un père ne lui a jamais dit «je t’aime»? La psychologie humaine est retorse. Elle a plus d’un tour dans son sac à malices.
On croit l’amour rédempteur. Il y a cru. Elle était comme sa bouteille à la mer. Ils se sont aimés passionnément. Férocement. Mais le poison était instillé dans son cœur à lui. Aucun antidote, aucun elixir d’amour ne l’extirperait jamais. C’était juste repousser de quelques mois l’échéance fatidique d’un esquif à la dérive. Dans quel engrenage pervers un deus ex machina peut-il entraîner un homme à sa perte?
Une histoire personnelle?
Charlotte Monnier emploie le «je». C’est donc son histoire qu’elle raconte, sans fard. C’est aussi le naufrage d’un homme, la lente descente aux enfers de celui qu’elle aimait et que son amour n’a pas pu sauver. Le roman de Charlotte est dense, palpitant de vie, même si le dénouement est tragique. L’auteure a une écriture rapide, élégante.
Née il y a 35 ans à Arnex-sur-Orbe, elle est partie à Paris afin d’obtenir un Master en Lettres appliquées aux métiers de l’édition de la Sorbonne. À côté, il y a la scène, une passion d’enfance. Aussi suit-elle le Cours Florent, l’école française de théâtre, cinéma, comédie musicale et musique, et créera sa propre compagnie théâtre. Actuellement, elle est enseignante de français.
Elle a écrit un précédent roman Je ne voulais pas vous faire pleurer , parlant du combat d’une jeune fille anorexique pour apprendre à accepter son corps, dont une adaptation cinématographique est en cours.
Essayez, si vous le pouvez, d’arrêter un homme qui voyage avec son suicide à la boutonnière.
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Revue de presse2
Un roman qui se lit dans un souffle
Un roman qui se lit dans un souffle
Un roman qui se lit dans un souffle
L’écrivaine Charlotte Monnier, d’Arnex-sur-Orbe, publie un nouvel ouvrage, fort et dense et au long titre évocateur.
Essayez, si vous le pouvez, d’arrêter un homme qui voyage avec son suicide à la boutonnière. Tel est le titre du dernier livre de Charlotte Monnier. Un titre dont il convient de prendre une grande inspiration avant de l’énoncer afin de ne pas s’achopper sur un mot ou d’en occulter un autre, tant ils sont essentiels.
C’est aux éditions Bernard Campiche, qui proposent d’ailleurs un trio de de publications en ce début de printemps 2026, que le dernier ouvrage de Charlotte Monnier a été publié. Pour un lecteur du Nord vaudois, deux choses peuvent potentiellement diriger son choix au moment de trancher entre ces trois propositions. Il y a d’abord l’origine de Charlotte Monnier, native d’Arnex-sur-Orbe, mais aussi le titre qui orne son livre à la couverture couleur miel liquide. Un titre qui interpelle.
Amour féroce
Ce roman se lit dans un souffle. Même si les dés sont jetés et que l’on subodore la fin, le lecteur ne peut tout simplement pas refermer le livre. Cent douze pages d’une histoire qui raconte les derniers mois d’un homme brillant, un surdoué qui s’est brûlé les ailes. Parce qu’un père ne lui a jamais dit «je t’aime»? La psychologie humaine est retorse. Elle a plus d’un tour dans son sac à malices.
On croit l’amour rédempteur. Il y a cru. Elle était comme sa bouteille à la mer. Ils se sont aimés passionnément. Férocement. Mais le poison était instillé dans son cœur à lui. Aucun antidote, aucun elixir d’amour ne l’extirperait jamais. C’était juste repousser de quelques mois l’échéance fatidique d’un esquif à la dérive. Dans quel engrenage pervers un deus ex machina peut-il entraîner un homme à sa perte?
Une histoire personnelle?
Charlotte Monnier emploie le «je». C’est donc son histoire qu’elle raconte, sans fard. C’est aussi le naufrage d’un homme, la lente descente aux enfers de celui qu’elle aimait et que son amour n’a pas pu sauver. Le roman de Charlotte est dense, palpitant de vie, même si le dénouement est tragique. L’auteure a une écriture rapide, élégante.
Née il y a 35 ans à Arnex-sur-Orbe, elle est partie à Paris afin d’obtenir un Master en Lettres appliquées aux métiers de l’édition de la Sorbonne. À côté, il y a la scène, une passion d’enfance. Aussi suit-elle le Cours Florent, l’école française de théâtre, cinéma, comédie musicale et musique, et créera sa propre compagnie théâtre. Actuellement, elle est enseignante de français.
Elle a écrit un précédent roman Je ne voulais pas vous faire pleurer , parlant du combat d’une jeune fille anorexique pour apprendre à accepter son corps, dont une adaptation cinématographique est en cours.
Essayez, si vous le pouvez, d'arrêter un homme qui voyage avec son suicide à la boutonnière
Essayez, si vous le pouvez, d'arrêter un homme qui voyage avec son suicide à la boutonnière , de Charlotte Monnier
«Essayez, si vous le pouvez, d'arrêter un homme qui voyage avec son suicide à la boutonnière», disait Jacques Rigaut, l'écrivain qui a inspiré le personnage d'Alain dans Le feu follet, de Drieu la Rochelle.
Ce livre est un roman. Pour être précis, une autofiction. Car l'homme qui voyage avec son suicide à la boutonnière est une personne bien réelle.
Au fil du récit, Charlotte Monnier donne des indices qui permettent de l'identifier:
• Cette lettre« d'amour et d'adieu » est dédiée à F.D., dont le père était algérien.
• Il était père de quatre enfants, la petite dernière ayant dix-sept ans.
• Il était divorcé.
• Il animait une émission de grande écoute de la radio nationale.
• Il avait «connu» beaucoup de femme»s avant elle.
• Il était beau.
• Il était parlementaire, membre d'un «parti de droite».
• Il avait vingt ans de plus qu'elle.
• Il s'est donné la mort le 25 janvier 2025, à cinquante-quatre ans, par pendaison.
C'est bien une lettre d'amour et d'adieu que l'auteure a écrite. Ainsi confesse-t-elle:
«Je vais vendre des milliers de livres sur ton nom et en ton nom, mon amour. Pour que ceux qui avaient la même image que j'avais de toi changent d'avis comme je l'ai fait.»
[...]
«Je souhaite aussi que ce livre rende hommage à ton courage et à ta combativité parce que je t'ai vu essayer de toutes tes forces de ne pas fracasser le coeur de ceux qui t'aiment d'un amour fou à lier. »
[...]
«Tu as un talent fou pour choisir ceux qui t'aiment.»
Leurs amours ont duré une année, une ultime année pour lui. Elles ont commencé lors d'un séjour au ski. Plus tard, ils sont partis tous deux aux Maldives, un mauvais plan. Au cours de ce séjour, il lui dit:
«- Ce n'est pas avec moi que tu vieilliras. Tu te trouveras quelqu'un de bien plus heureux. Moi je serai parti. Je vais partir. Je veux mourir. Je te demande pardon.»
De ce départ, elle essaie, en vain de le dissuader:
«- Mon amour, je t'en supplie, je ne veux pas que tu partes, je t'aime et tu le sais, regarde-moi bien dans les yeux. Je t'aime comme je n'avais jamais aimé avant, et tes enfants aussi t'aiment, à leur façon qui est condamnée à évoluer vers du mieux. On a besoin de son père, toujours.»
Le «roma» de cette croyante s'achève par ces mots qu'elle lui adresse:
«Je t'ai fait la promesse de ton vivant que ton suicide, je te le pardonnerai. Pour le reste, nous en reparlerons là-haut.
Essayez, si vous le pouvez, d'arrêter un homme qui voyage avec son suicide à la boutonnière
Essayez, si vous le pouvez, d'arrêter un homme qui voyage avec son suicide à la boutonnière , de Charlotte Monnier
«Essayez, si vous le pouvez, d'arrêter un homme qui voyage avec son suicide à la boutonnière», disait Jacques Rigaut, l'écrivain qui a inspiré le personnage d'Alain dans Le feu follet, de Drieu la Rochelle.
Ce livre est un roman. Pour être précis, une autofiction. Car l'homme qui voyage avec son suicide à la boutonnière est une personne bien réelle.
Au fil du récit, Charlotte Monnier donne des indices qui permettent de l'identifier:
• Cette lettre« d'amour et d'adieu » est dédiée à F.D., dont le père était algérien.
• Il était père de quatre enfants, la petite dernière ayant dix-sept ans.
• Il était divorcé.
• Il animait une émission de grande écoute de la radio nationale.
• Il avait «connu» beaucoup de femme»s avant elle.
• Il était beau.
• Il était parlementaire, membre d'un «parti de droite».
• Il avait vingt ans de plus qu'elle.
• Il s'est donné la mort le 25 janvier 2025, à cinquante-quatre ans, par pendaison.
C'est bien une lettre d'amour et d'adieu que l'auteure a écrite. Ainsi confesse-t-elle:
«Je vais vendre des milliers de livres sur ton nom et en ton nom, mon amour. Pour que ceux qui avaient la même image que j'avais de toi changent d'avis comme je l'ai fait.»
[...]
«Je souhaite aussi que ce livre rende hommage à ton courage et à ta combativité parce que je t'ai vu essayer de toutes tes forces de ne pas fracasser le coeur de ceux qui t'aiment d'un amour fou à lier. »
[...]
«Tu as un talent fou pour choisir ceux qui t'aiment.»
Leurs amours ont duré une année, une ultime année pour lui. Elles ont commencé lors d'un séjour au ski. Plus tard, ils sont partis tous deux aux Maldives, un mauvais plan. Au cours de ce séjour, il lui dit:
«- Ce n'est pas avec moi que tu vieilliras. Tu te trouveras quelqu'un de bien plus heureux. Moi je serai parti. Je vais partir. Je veux mourir. Je te demande pardon.»
De ce départ, elle essaie, en vain de le dissuader:
«- Mon amour, je t'en supplie, je ne veux pas que tu partes, je t'aime et tu le sais, regarde-moi bien dans les yeux. Je t'aime comme je n'avais jamais aimé avant, et tes enfants aussi t'aiment, à leur façon qui est condamnée à évoluer vers du mieux. On a besoin de son père, toujours.»
Le «roma» de cette croyante s'achève par ces mots qu'elle lui adresse:
«Je t'ai fait la promesse de ton vivant que ton suicide, je te le pardonnerai. Pour le reste, nous en reparlerons là-haut.